Malaga prend le relais de Paris pour incarner le Pompidou sur la scène mondiale

Cette importante nouvelle collection semi-permanente a ouvert dans la ville au moment où le siège principal du musée français s’apprête à fermer pour rénovation. Un Tiempo Propio (Un temps à soi) est la nouvelle et importante collection semi-permanente du Centre…

La Concha mountain above the Marbella shoreline

Cette importante nouvelle collection semi-permanente a ouvert dans la ville au moment où le siège principal du musée français s’apprête à fermer pour rénovation.

Un Tiempo Propio (Un temps à soi) est la nouvelle et importante collection semi-permanente du Centre Pompidou Málaga, qui présente plus d’une centaine d’œuvres.

La collection centrale renouvelée a été dévoilée la semaine dernière par la directrice adjointe du musée national d’Art moderne Georges-Pompidou à Paris, Brigitte Leal, venue à Malaga avec un message aussi inattendu que réjouissant. Brigitte Leal a révélé que l’antenne de Malaga allait prendre une place internationale bien plus importante pour le Pompidou dans les prochaines années, pendant la fermeture temporaire du célèbre siège parisien pour travaux.

« Le Centre Pompidou [à Paris] a ouvert en 1977 et a besoin d’importants travaux de rénovation technique. Pendant les deux ou trois ans de fermeture nécessaires, Malaga représentera le Pompidou à l’étranger et en Europe », a déclaré Brigitte Leal, ajoutant que le cube coloré et emblématique du port de Malaga sera le symbole de « notre collection d’art au Pompidou et du message que le musée veut transmettre à travers la culture ».

Brigitte Leal a expliqué que, même si le centre d’art dispose aussi d’une autre antenne à Metz, dans le nord-est de la France, c’est l’antenne de Malaga – qui fête cette année son septième anniversaire – qui a été choisie pour représenter le Pompidou dans le monde pendant la fermeture de Paris.

Selon le calendrier annoncé par le Pompidou, le bâtiment central de Paris devait fermer pour travaux en 2023, mais cette fermeture a été repoussée à 2024, après les Jeux olympiques organisés dans la capitale française.

L’inauguration de cette exposition malaguène, en présence du directeur de l’agence municipale qui gère le Pompidou, José María Luna, et des mécènes de Caixabank, marque le dernier voyage de Brigitte Leal à Malaga en tant que représentante officielle du Pompidou avant son départ à la retraite.

Elle a exprimé la gratitude des directeurs et présidents successifs du célèbre musée parisien envers l’équipe du centre de Malaga et la mairie, déclarant que « sans votre engagement personnel envers le centre, il n’existerait pas aujourd’hui, et c’est grâce à votre passion et à votre foi dans la culture qu’il a pu s’épanouir ».

L’air du temps

Pour renforcer le projet de rayonnement international du musée de Malaga, un soin particulier a été apporté à la conception d’Un temps à soi, la nouvelle exposition centrale dévoilée jeudi dernier.

Cette collection, sous-titrée « Libérez-vous des liens du quotidien », invite les visiteurs à prendre du recul et à repenser leur quotidien, après que tout a dû s’arrêter en raison de la pandémie et du confinement.

« Cette exposition est née de la conviction qu’au cours de ces dernières années, chacun d’entre nous, enfant ou adulte, a dû s’adapter et construire une relation différente au temps, par manque ou par excès », explique la commissaire de l’exposition, Valentina Moimas. Elle l’a divisée en six parties, certaines conçues pour être amusantes et ludiques, d’autres invitant à une réflexion plus profonde sur l’expérience personnelle des visiteurs.

Du ludique à l’introspection

La voix d’Ella Fitzgerald chantant All My Life accompagne les visiteurs à l’entrée de l’exposition. La première salle explore la joie des moments de loisir, illustrée par la sculpture de Pablo Picasso La Petite Fille sautant à la corde – une œuvre qui, bien qu’en bronze, parvient à donner l’impression d’une figure suspendue en l’air. Le thème de l’enfance est également présent avec les jouets-sculptures de Philippe Starck et Hans Brockhage, tandis que les joueurs de pétanque d’Aguste Herbin et le Bal du Moulin de la Galette de Raoul Dufy évoquent les loisirs et l’âge adulte.

La deuxième salle a pour thème les vacances. Des œuvres de Braque, Derain et Picabia invitent les visiteurs à s’évader vers de nouveaux horizons et, selon la commissaire, à « célébrer non seulement la beauté du paysage, mais aussi différentes formes de repos, loin de l’agitation du quotidien ».

Les « liens du quotidien » évoqués dans le sous-titre de l’exposition sont particulièrement présents dans la troisième salle, intitulée Le temps de l’introspection, qui met en lumière la vie à la maison. La Liseuse sur fond noir d’Henri Matisse, présentée dans cette section, est l’une des principales images retenues pour représenter la nouvelle collection.

Les deux salles suivantes poursuivent cette exploration de l’intériorité, en abordant les états oniriques avec des pièces comme Hollywood Dream, de Jean Cocteau, qui représente un garçon endormi aux côtés d’un lion.

L’installation d’Emmanuel Lagarrigue explore l’univers des pensées intérieures avec un aquarium de méduses dont les tentacules sont munis de haut-parleurs produisant des sons éthérés.

De plus en plus sensoriel

Le parcours de l’exposition se fait de plus en plus sensoriel et fait appel à l’odorat avec une autre installation sculpturale spectaculaire de stalactites en lycra aux senteurs de clou de girofle, de curcuma ou de poivre.

La dernière salle invite à revenir à la réalité, avec de grandes pièces architecturales, dont des huiles récemment restaurées d’Arduino Cantafora, L’autre Berlin. Hautes de cinq mètres, elles traduisent une profonde solitude urbaine, qui contraste avec l’installation amusante et colorée du Cubain Wilfredo Prieto, composée de 25 sphères d’objets du quotidien de taille croissante – d’un petit jouet à un kiosque géant en forme d’orange – qui forment l’œuvre Avalanche. Cette pièce est appelée à devenir une icône de la nouvelle collection semi-permanente, présentée jusqu’en octobre 2023.

Source : SUR In English, avril 2022

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